Neurologie

Utilisation des traitements de fond chez les patients atteints de sclérose en plaques à apparition tardive

Cette étude démontre un effet bénéfique des traitements de fond sur l’activité de la maladie chez les patients atteints de LOMS, mais sans impact significatif sur la progression du handicap.

  • Choreograph (Konstantin Yuganov)/iStock
  • 13 Mars 2026
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    Camille Robin et al. Neurology 2025;105(3):e213744. DOI : 10.1212/WNL.0000000000213744

    Abstract

    Contexte et objectifs : La stratégie thérapeutique chez les patients atteints de sclérose en plaques à début tardif (SEP-DT) reste mal définie. Avec l’âge les traitements peuvent s’avérer plus risqués (notamment en raison du risque infectieux) et la balance bénéfice/risque qui est clairement en faveur des traitements chez les sujets jeunes peut s’inverser. Cette étude visait à évaluer les résultats cliniques et IRM de deux cohortes de patients atteints de SEP-DT rémittente-récurrente, traités ou non encore traités.

    Méthodes : Des patients atteints de SEP rémittente-récurrente ont été inclus dans l’analyse si la maladie s’était déclarée après 55 ans et s’ils avaient bénéficié d’au moins une visite de suivi. Le critère d’évaluation principal était le délai avant la première poussée, comparé entre deux groupes appariés de patients atteints de SEP récurrente-rémittente (traités et non traités). Les critères d’évaluation secondaires étaient les suivants : (1) le délai avant la première progression confirmée du handicap (PCH), (2) le délai avant le premier événement de progression indépendante de l’activité de la poussée (PIA), (3) le délai avant la progression secondaire (SEP progressive secondaire), (4) le délai avant la première activité à l’IRM et (5) les taux d’incidence des infections graves (TIG). Pour les analyses comparatives, les auteurs ont utilisé une méthode d’appariement par score de propension dépendant du temps.

    Résultats : Au total, 881 patients répondaient aux critères d’inclusion. L’âge moyen (écart-type) au début de la maladie était de 59,9 (4,43) ans. Après appariement par score de propension, 436 patients ont été appariés. La durée moyenne (écart-type) du suivi était de 5,2 (4,27) ans dans le groupe traité et de 5,0 (3,86) ans dans le groupe non traité. Le délai moyen avant la première rechute était significativement plus long dans le groupe traité que dans le groupe non traité (7,0 ans [0,33] vs 5,4 ans [0,33] ; p = 0,001). Le délai moyen (écart-type) avant la première activité à l’IRM était significativement plus long dans le groupe traité (5,9 ans [0,33] vs 5,0 ans [0,33] ; p = 0,049). Cependant, le délai moyen d'apparition d'une CDP, d'une PIRA ou d'une SPMS n'était pas différent entre les deux groupes (différence = 0,32 an ; p = 0,585 pour la CDP ; différence = 0,40 an ; p = 0,442 pour la PIRA ; différence = -0,02 an ; p = 0,952 pour la SPMS). Aucune augmentation des événements indésirables graves n'a été observée, avec un rapport des taux d'incidence de 0,38 (IC à 95 % : 0,07-2,10 ; p = 0,265) dans le groupe non traité par rapport au groupe traité.

    Discussion : Cette étude démontre un effet bénéfique des traitements de fond sur l’activité de la maladie chez les patients atteints de LOMS, mais sans impact significatif sur la progression du handicap. Un suivi plus long pourrait permettre de démontrer plus facilement l’impact de la thérapeutique sur la progression de la maladie.

     

     

     

     

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