Intelligence artificielle
Doctolib annonce un investissement de 20 millions d'euros en 2026
Doctolib, la licorne française, a annoncé à la fin du mois de février, un investissement de 20 millions d’euros dans l’intelligence artificielle en 2026, un budget “petit poucet” au regard des milliards de dollars programmés par les géants de la tech américaine. Mais n'est-ce déjà pas trop tard ?
- hirun/iStock
Faut-il croire aux contes de fées dans l’univers sans pitié de l’IA en santé ? Doctolib, la licorne française, a annoncé à la fin du mois de février, un investissement de 20 millions d’euros dans l’intelligence artificielle en 2026, un budget “petit poucet” au regard des milliards de dollars programmés par les géants de la tech américaine comme Open AI, Meta ou Google.
Un projet destiné aux parents
En parallèle aux axes de recherche destinés aux professionnels du soin, Doctolib dans son communiqué de presse révèle le lancement d’un projet grand public, à savoir un assistant conversationnel dédié aux parents. Il fera l’objet d’une évaluation par les services du CHU de Nantes.
Au-delà de ce type de services promis au succès si la fiabilité avancée est bien vérifiée en pratique, la plateforme française peut compter à terme sur les atouts du système français comme le Health Data Hub par exemple, les données de l’Assurance maladie et un vivier de start up. Mais en dépit des ambitions affichées, n’est-il déjà pas trop tard ?
Si l’on prend l’exemple de ChatGPT Health, une fonction dédiée en déploiement au Etats-Unis, la version permet dejà à des utilisateurs d’importer leurs propres dossiers médicaux et données de bien-être par exemple depuis Apple Health pour obtenir des réponses plus personnalisées sur leur santé, mieux comprendre leurs résultats de tests ou préparer une consultation médicale.
Cette initiative vise à capitaliser sur l’usage déjà massif de ChatGPT pour des questions de santé — avec des centaines de millions d’interactions recensées chaque semaine.
Open AI ne se limite pas à l’outil grand public : l’entreprise propose aussi “OpenAI for Healthcare”, une ligne de produits réservée aux organisations médicales — hôpitaux, cliniques, centres de recherche — avec des fonctions plus avancées et des garanties de conformité aux normes américaines.
Open AI bientôt docteur?
Enfin, des études ont exploré les capacités de ChatGPT dans des tâches médicales complexes, comme passer l’examen de licence médicale américain. Dans certains tests, ChatGPT a obtenu des résultats proches du seuil requis par des examinateurs humains. La soutenance de thèse est pour demain!
Peut-on alors imaginer rattraper le lièvre Open AI et tous les autres américains ou chinois ? Peut-être, si l’on en croit Julien Khaski, rédacteur en chef de Maddyness, un site spécialisé sur l’IA dans toutes ses dimensions. “Doctolib dispose de quelque chose que les Américains n’ont pas : une implantation profonde dans les cabinets médicaux européens, une connaissance fine des flux de soins, et surtout une relation contractuelle avec des centaines de milliers de soignants. Ce n’est pas spectaculaire. Mais c’est stratégique. Les plateformes dominantes ne sont pas toujours celles qui ont les modèles les plus puissants. Ce sont souvent celles qui contrôlent l’usage, l’intégration et la distribution. Et dans la santé, l’intégration vaut parfois plus que la démonstration technologique”.
On se rappelle par ailleurs les échecs cuisants d’IBM en santé, notamment en oncologie dans la décennie 2010.
Il y a toutefois des moments où l’on voudrait de nouveau croire aux contes de fées où à la fin les ogres sont terrassés par les petits poucets.











