Pneumologie

Collapsus expiratoire des voies aériennes proximales : une vraie place pour place pour la chirurgie

La place de la chirurgie dans le traitement de la trachéomalacie est réservée à certains patients hyper-sélectionnés, qui doivent répondre préalablement au test à l’endoprothèse. Dans ces cas-là, la chirurgie offre de très bons résultats à ces patients dont la qualité de vie est très altérée. D’après un entretien avec Emmanuel MARTINOD. 

  • 14 Mai 2026
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    Cette publication dont les résultats sont parus en mars 2026, dans le New England Journal of Medicine, a fait le point, par l’observation d’un cas, sur la place de la chirurgie dans le collapsus des voies aériennes proximales. Il s’agissait d’une femme de 50 ans, asthmatique et souffrant d’obésité ainsi que d’apnée du sommeil, consultant pour une aggravation de l’essoufflement et une toux persistante malgré un traitement adapté. L’examen et un scanner dynamique révèlent un effondrement important des voies respiratoires à l’expiration. Le diagnostic posé est un effondrement expiratoire des voies respiratoires proximales, pathologie souvent associée à l’asthme ou l’obésité et à envisager en cas de symptômes persistants. Après un traitement initial incluant une ventilation en pression positive, puis une intervention chirurgicale (trachéobronchoplastie), l’état de la patiente s’est nettement amélioré. 

     

    Place du test préalable à l’endoprothèse 

    Le professeur Emmanuel MARTINOD, chef du Service de Chirurgie thoracique et vasculaire - ORL – Stomatologie, de l’Hôpital Avicenne, à Bobigny, rappelle que la trachéobronchomalacie est une maladie relativement rare mais sous-estimée. Il précise que le cas décrit dans ce travail est intéressant et détaille une étude dont il est co-auteur, parue en 2023,  avec une série de 15 patients opérés. Emmanuel MARTINOD confirme qu’il existe une place pour la chirurgie pour des patients hyper-sélectionnés. Il précise qu’il existe deux grandes formes de collapsus dynamiques : la forme postérieure concernant la membraneuse, comme décrite dans ce travail, opérable, et une forme qui affaiblit le cartilage, plus rare. Les formes postérieures sont souvent associées à de l’asthme, une BPCO ou de l’obésité. Emmanuel MARTINOD explique qu’il suit le protocole américain pour les patients atteints de trachéobronchomalacie qui décrivent parfois même une « toux de phoque » et qui ont une vie sociale détruite, avec le test à l’endoprothèse provisoire. Si les symptômes sont améliorés grâce à l’endoprothèse, la chirurgie est indiquée. S’il n’y a pas d’amélioration avec l’endoprothèse, alors la chirurgie n’est pas indiquée car c’est la plupart du temps une atteinte distale. Le test à l’endoprothèse est hyper-sélectif, ce qui explique qu’il n’existe qu’une série de 15 patients en France. Le traitement définitif par endoprothèse est indiqué dans les cas très sévères, à titre exceptionnel. 

     

     

    Un geste chirurgical plutôt sûr 

    Emmanuel MARTINOD précise que la chirurgie donne de très bons résultats. La voie d’abord qu’il utilise n’est pas robotisée, il pratique une petite thoracotomie. Cette chirurgie a peu de complications post-opératoires et ne fait pas l’objet d’un grand nombre de séjours en réanimation. Ces bons résultats sont surtout expliqués par l’hyper-sélection des patients, qui est lié à un travail très rigoureux en amont. Emmanuel MARTINOD précise que de petites séries ont utilisé le robot, mais que des réinterventions ont parfois été nécessaire après échec de l’intervention robotisée. Il insiste sur la qualité de l’arrimage de la membraneuse sur la plaque, pour que la fibrose puisse se créer et maintenir la membraneuse. Il ajoute qu’un bombement peut persister mais qu’il n’est pas ou peu gênant pour les patients. Emmanuel MARTINOD évoque le projet d’un essai multicentrique en vraie vie avec proposition d’essai randomisé, nommé BELUGA, qui permettra certainement d’avancer encore plus sur le sujet. 

     

    En conclusion, les patients atteints collapsus expiratoire à forme postérieure sont souvent très invalidés et la chirurgie a toute sa place pour leur apporter une amélioration, à coédition d’avoir réalisé le test à l’endoprothèse au préalable et d’utiliser une voie d’abord qui assure un geste de qualité. 

     

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