Onco-Dermato

Carcinome épidermoïde cutané : comment mieux stratifier les formes à haut risque

Chez les patients atteints d'un carcinome épidermoïde cutané à haut risque, (stade T2b/T3 ou T2a), échographie et scanner sont nettement plus performants que l’examen clinique dans la détection des atteintes ganglionnaires, sauf chez les patients immunodéprimés.

  • Lacheev/iStock
  • 12 Juin 2026
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    Dans un contexte d’augmentation marquée de l'incidence du carcinome épidermoïde cutané (CEC), qui pèse lourdement sur les services d'oncologie dermatologique et de chirurgie, une stratification adéquate du risque est devenue essentielle à une prise en charge adaptée.

    En effet, si dans la majorité des cas, le CEC a un bon pronostic, avec un taux de guérison à 5 ans supérieur à 90 % et un faible risque de métastases (moins de 4 %) après une exérèse chirurgicale bien conduite, les formes plus avancées, avec atteinte ganglionnaire locale ou métastatiques (la survie à 5 ans est estimée entre 23 et 66% en cas d’extension ganglionnaire), nécessitent une prise en charge spécifique.

    Une étude prospective multicentrique

    Les résultats d’une étude comparant examen clinique, échographie et scanner pour le dépistage des atteintes ganglionnaire, qui sont publiés dans JAMA Dermatology, sont donc potentiellement contributifs, malgré le faible nombre d’événements rapportés (12 évolutions métastatiques).

    Cette étude prospective, multicentrique menée de janvier 2022 à avril 2025 dans 13 centres de dermato-oncologie en Espagne a inclus 155 patients (âge moyen de 80 ans, 78% d’hommes) atteints d'un CEC à haut risque, confirmé histologiquement (stade T2b/T3 ou T2a avec facteurs de risque supplémentaires).

    Quelques 41,3 % étaient immunodéprimés, et 7,7 % ont développé des métastases ganglionnaires dans les 3 mois suivant l'intervention chirurgicale. C’est l'échographie qui s’est révélée la méthode diagnostique avec la sensibilité globale la plus élevée (63,6 % ; IC 95 % : 30,8 %-89,1 %), suivie de la tomodensitométrie (54,5 % ; IC 95 % : 23,4 %-83,3 %) et de l'examen clinique (8,3 % ; IC  95 % : 0,2 %-38,5 %). Les spécificités étaient respectivement de 95,6 % (IC 95 %, 90,6 %-98,4 %), 95,0 % (IC 95 %, 90,0 %-98,0 %) et 99,3 % (IC 95 %, 96,2 %-100 %). L’échographie et la tomodensitométrie ont montré une concordance quasi parfaite, tandis que la concordance avec l’examen clinique était faible.

    Moindres performances en cas d’immunodépression

    Toutefois, les analyses en sous-groupes selon le statut immunitaire ont mis en évidence des disparités marquées en termes de performances diagnostiques. Chez les patients immunocompétents, l'échographie et le scanner (TDM) ont tous deux atteint une sensibilité de 100 %. En revanche, leur sensibilité a considérablement diminué chez les patients immunodéprimés, respectivement de 20,0 % et de 16,7 %, avec l’apparition de métastases, souvent brutalement, au cours du suivi malgré un bilan initial négatif.

    Les auteurs de l’éditorial qui accompagne la publication de cette étude, estiment que la progression rapide de micrométastases -indétectables par ces méthodes d’imagerie- vers le stade de métastase ganglionnaire pourrait expliquer cette baisse apparente de sensibilité.

    Au total, l'échographie et la tomodensitométrie sont nettement plus performantes que l'examen clinique pour la détection initiale des métastases ganglionnaires chez les patients atteints d'un carcinome épidermoïde cutané à haut risque. Mais leurs performances limitées chez les patients immunodéprimés soulignent l'importance d'un suivi clinique rapproché et le besoin de recommandations spécifiques.

     

     

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