Onco-Dermato
Mélanome avancé : l'éruption cutanée sous Lifileucel comme marqueur de réponse au traitement ?
Les éruptions morbilliformes qui surviennent fréquemment sous traitement par lifileucel pourraient être un marqueur de réponse à court terme à ce traitement dans le mélanome avancé/métastatique.
- Olga Shefer/iStock
Le lifileucel est une thérapie cellulaire à base de lymphocytes infiltrant la tumeur (TIL), indiquée dans le mélanome avancé/métastatique ayant progressé après un traitement anti-PD-1 et/ou un inhibiteur de BRAF, en présence de mutations BRAF V600. Dans l'essai de phase II qui avait évalué une stratégie associant chimiothérapie lymphodéplétive, lifileucel et interleukine 2 (IL-2), des éruptions cutanées (de grade 3 ou plus dans 9,6 % des cas) avaient été rapportées chez 37,2 % des patients. Mais la survenue de ce type d’effet indésirable pourrait être un facteur de bon pronostic, comme le souligne une étude de cohorte rétrospective, dont les résultats sont publiés dans le JAMA Dermatology.
Une étude rétrospective sur 44 patients
Les données portent sur 44 patients, qui avaient tous reçu une chimiothérapie lymphodéplétive par cyclophosphamide/fludarabine, du lifileucel et des perfusions d’IL2 (jusqu’à apparition d’une toxicité ou 6 doses au maximum).
Parmi ces patients (34,1 % de femmes ; âge moyen de 54,8 ans), la moitié ont présenté une éruption cutanée durant leur hospitalisation, après une durée médiane de 4 jours suivant l’administration de lifileucel (médiane de 4,5 doses). L’analyse des données photographiques, disponibles chez 14 de ces 22 patients montrait des éruptions morbilliformes, fréquemment purpuriques. Le risque d’éruption était comparable que la dose d’IL2 reçue ait été élevée (4 à 6 doses) ou faible (1 à 3 doses) : 50 % vs 37,5 % (p = 0,53).
Association à la réponse au traitement
Les auteurs ont mis en évidence une association positive entre l’apparition d'une éruption cutanée et la réponse radiologique au traitement à 42 jours, et ce qu’elles qu’aient été les caractéristiques démographiques, les doses d’IL-2 reçues ou les facteurs pronostiques propres de la tumeur.
Les analyses menées à 90 jours n’étaient en revanche pas significatives.
Un effet facilement gérable
Donnée importante, aucun patient n'a nécessité de traitement autre que le recours à des corticostéroïdes topiques de puissance modérée. Dans la moitié des cas, l’éruption cutanée associée au lifileucel avait disparu à la sortie de l'hôpital et dans les 5 jours suivant la sortie dans l'autre moitié des cas.
La survenue d’une éruption cutanée associée au lifileucel pourrait ainsi être un marqueur d'efficacité précoce de traitement, permettant une évaluation plusieurs semaines avant le bilan classique à 42 jours.
Ces données doivent bien sûr être confirmées à plus large échelle, mais elles ouvrent la voie à une évaluation précoce de l’efficacité thérapeutique qui pourrait guider les cliniciens.








