Onco-Thoracique

L’épidémiologie des carcinomes cutanés à la loupe

Une vaste étude de cohorte danoise met en évidence une augmentation de l’incidence des carcinomes épidermoïdes cutané et de la maladie de Bowen au cours des vingt dernières années, avec toutefois une tendance à la stabilisation chez les moins de 50 ans, probablement sous l’impact de la prévention.

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  • 19 Mai 2026
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    L’analyse des registres danois permet d’avoir une bonne vision de l’évolution de l’incidence du carcinome épidermoïde cutané (CEC), de la maladie de Bowen (carcinome épidermoïde in situ, CIS) et du kérato-acanthome (KA) à l’échelle de la population de ce pays (109 787 cas colligés entre 2005 et 2023 chez 95 352 personnes âgées de 20 ans et plus, dont 50,9% d’hommes).

    Dans leur publication du JAMA Dermatology, les auteurs rapportent une augmentation de l’incidence du CEC et du CIS, tandis que celle du kérato-acanthome a diminué. Au cours de cette période, les taux d’incidence standardisés selon l’âge du CEC (54 563 nouveaux cas au total) ont en effet augmenté en moyenne de 2,6 % par an chez les hommes et de 3,1 % chez les femmes, pour atteindre respectivement 77,7 et 131,6 pour 100 000 personnes-années. L’incidence du CIS (n=31 712) a connu une augmentation plus marquée, avec une moyenne annuelle de 6,4 % chez les hommes et de 5,8 % chez les femmes, tandis que celle du KA (n = 23 512) a diminué.

    Localisation différente en fonction du sexe

    Les analyses stratifiées ont révélé des différences quant aux sites anatomiques atteints selon le sexe. Chez les hommes, les CEC et les CIS prédominaient au niveau du visage, du cuir chevelu et du cou, alors que chez les femmes ils se situaient plus fréquemment au niveau des jambes.

    Les femmes présentaient en effet des taux d'incidence standardisés en fonction de l’âge plus élevés au niveau des membres inférieurs que les hommes :  respectivement 12,32 vs 7,63 pour 100 000 pour les CEC, 12,63 vs 6,21 pour 100 000 pour les CIS et 7,20 vs 3,47 pour 100 000 pour les KA, ces derniers touchant principalement les extrémités.

    Les femmes âgées de 40 à 59 ans présentaient des taux d'incidence plus élevés que les hommes pour toutes les tumeurs kératinocytaires : 131,6 vs 77,7 pour 100 000 pour les CEC ; 89,4 vs 78,6 pour 100 000 pour les CIS et,28,6 vs 27,6 pour 100 000 pour les KA, respectivement).

    Le possible impact de la prévention chez les plus jeunes

    Cette étude de cohorte nationale riche des données les plus complètes à ce jour montre ainsi une progression continue de l'incidence des CEC (le Danemark est l’un des pays d’Europe avec les taux d’incidence les plus élevés) et des CIS. Elle souligne également une atténuation des différences entre les sexes et une stabilisation de l’incidence des CEC et des KA chez les sujets âgés de moins de 50 ans, ce qui pourrait témoigner des bénéfices de la prévention.

     

     

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