Onco-Sein

Cancer de l'ovaire platine résistant : analyse définitivement négative pour l'Atezolizumab !

L'étude AGO OVAR 2.29 testant l'association Atézolizumab Bévacizumab + chimiothérapie dans les cancers de l'ovaire platine résistant a publié ses résultats définitifs, concluant à l'absence de bénéfice en survie globale et survie sans progression.

  • ALIOUI Mohammed Elamine/iStock
  • 28 Avril 2026
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    Jusque récemment, l'immunothérapie dans les cancers de l'ovaire s'est toujours soldée par un échec : que ce soit dans les cancers de l'ovaire platines résistants (essai ANITA combiné avec les anti PARP, essai JAVELIN), dans les platines sensibles (essai ATALANTE, IMAGYN 050). Il aura fallu attendre l’ESMO 2025 avec la publication des résultats de la KEYNOTE B96, testant l'association pembrolizumab paclitaxel +/- Bevacizumab dans les cancers platines résistants, pour démontrer un gain, certes modeste en survie sans progression, mais un bénéfice de quatre mois en survie globale. L’étude de phase III AGO OVAR 2.29 a publié ses résultats finaux à plus de 2 ans de suivi.

    72,5 % déjà pré traitées par Bevacizumab

    En pratique, entre septembre 2018 et juillet 2022, 574 patientes présentant un cancer de l'ovaire en 1ère ou 2ème rechute platine résistante, ou 3ème rechute indépendamment de l'intervalle libre, ont été randomisées selon un schéma 1:1 pour recevoir une association de chimiothérapie (paclitaxel hebdomadaire 80 mg/M2 ou Caelyx 40 mg/M2 toutes les quatre semaines), Bévacizumab (10 mg/kg tous les 15 jours), Atézolizumab (840 mg tous les 15 jours) N=285, ou placebo, N = 189. Un traitement antérieur par Bévacizumab était permis.

    Les patientes ne devaient jamais avoir été traitées par immunothérapie. Les patientes étaient stratifiées en fonction du nombre de lignes antérieures (1/2 versus 3), du type de chimiothérapie reçue (paclitaxel versus Caelyx) d'un traitement préalable par Bévacizumab (oui versus non) et secondairement du statut PDL1 (< 1 % versus ≥ 1 %). Le critère de jugement principal était la survie sans progression et la survie globale, les critères secondaires le taux de réponse objective, la durée de réponse, la tolérance, et l'évaluation des critères principaux en fonction du statut PDL1.

    Une médiane de survie globale de 14,2 mois

    Le suivi médian était de 26,9 mois. Dans la population, l'âge moyen était de 61 ans. Parmi les patientes,  39 % avaient reçu 2 lignes de chimiothérapie antérieures, 36 % 3 lignes. Une grande majorité, 72,5 % avaient été prétraitées par Bévacizumab, 41 % par inhibiteur de PARP. Le Paclitaxel a été choisi pour 54 % des patientes. La majorité des patientes, 53 %, présentaient un statut PDL négatif, sachant qu'il existait 24 % de données non informatives.

    A la date cut off de l'analyse finale, seulement cinq patientes sont encore sous traitement, quatre dans le bras Atézolizumab et une dans le bras placebo. La médiane de survie sans progression était de 6,4 mois dans le bras Atézolizumab versus 6,7 mois dans le bras placebo (HR 0,87, IC95 % 0,73-1,04; p=0,12).

    La médiane de survie globale était de 14,2 mois dans le groupe Atézolizumab versus 13 mois en groupe placebo (HR 0,83, IC 95% 0,68 -1,01 ; p = 0,06). Le taux de survie globale à deux ans était respectivement de 31 % versus 23 %. Les taux de réponse objective étaient similaires entre les deux groupes : 40 % dans le bras Atézolizumab versus 44 % dans le bras placebo, avec une durée de réponse respectivement de 8,6 mois versus 6,1 mois.

    Concernant les analyses en sous-groupes, les données de survie globale étaient similaires quel que soit le statut PDL1. Les patientes pré traitées par Bévacizumab semblent tirer davantage bénéfice à l'Atézolizumab que ce soit pour les données en survie sans progression ou survie globale comparativement aux patientes naïves d’anti-VEGF. Concernant la tolérance, on note la présence d'effets secondaires de grade ≥ 3 chez 72 % des patientes du bras Atézolizumab versus 69 % du bras placebo, sans signe de toxicité cumulative supplémentaire limitante.

     

    Au final, l'Atézolizumab ne semble pas être le compagnon optimal à l'association Bévacizumab paclitaxel dans les cancers de l'ovaire platine résistant.

     

     

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