Pneumologie

Asthme et obésité : du nouveau dans la prise en charge

De nouvelles modalités de prise en charge de l'obésité, ayant un impact sur l'asthme de l'obèse sont à évaluer. Les analogues du GLP1 et la chirurgie bariatrique tiennent une place non négligeable dans la prise en charge de ces patients, mais nécessitent l'avis de spécialistes.  D'après un entretien avec Jérémy CHARRIOT.

 

  • 11 Juin 2026
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    Deux études, dont les résultats sont parus en février 2026 dans l'European Respiratory Journal et dans Obesity Surgery, sont parties du constat que l'’obésité et le diabète de type 2 augmentent fortement les risques cardiovasculaires et la mortalité. Deux traitements efficaces existent : la chirurgie bariatrique et les agonistes des récepteurs GLP1, mais leur comparaison à long terme reste limitée. Le premier travail a relaté que l'obésité constitue une comorbidité majeure de l’asthme, associée à un moins bon contrôle et à davantage d’exacerbations. L’asthme lié à l’obésité est une condition hétérogène, influencée par divers mécanismes biologiques, métaboliques et mécaniques, ce qui complique sa prise en charge. La perte de poids améliore les symptômes, la fonction pulmonaire et réduit les exacerbations, quel que soit le type d’asthme. L’obésité doit donc être considérée comme un facteur modifiable important. Des recherches sur les traitements à base de GLP-1, pour mieux comprendre leur efficacité chez les patients asthmatiques obèses et leur impact sur les mécanismes inflammatoires sont nécessaires. La seconde étude a cherché à comparer l'efficacité des deux traitements sur la mortalité globale et les événements cardiovasculaires majeurs. Pour cela, les auteurs ont réalisé une revue systématique et une méta-analyse, en incluant des essais cliniques et des études observationnelles chez des adultes obèses atteints de DT2. La qualité des études a été évaluée avec des outils reconnus, et les résultats ont été combinés à l’aide de méthodes statistiques adaptées.

     

    Un travail utile pour les pneumologues

    Le docteur Jérémy CHARRIOT, praticien hospitalier en pneumologie générale au Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, explique que les patients asthmatiques sévères et obèses ont un phénotype clinique à part entière avec une inflammation de type 2. Ceci a un intérêt car les biothérapies ont une efficacité sur cette population. Il précise qu'un grand nombre d'asthmatiques sévères sont obèses et que l'obésité représente un facteur de mauvais contrôle de l'asthme, sur lequel il faut agir, et augmente le nombre d'évènements à risques. La nécessité d 'une prise en charge efficace de ces patients est renforcée par l'idée qu'il existe des traitements pour les patients obèses et diabétiques, remboursés. Jérémy CHARRIOT ajoute que, sur le versant métabolique, l'inflammation systémique est plus importante chez ces patients avec une hyper sécrétion d'IL6 et d'alarmines, mais qu'elle est moins bien détectée en raison d'un signal moins marqué avec un volume de fermeture plus précoce, ce qui rend plus difficile le démasquage du profil T2. Il précise, qu'en pratique, les biothérapies qui impactent les récepteurs agonistes du GLP1 font l'objet d'études sur les asthmatiques obèses, pour lesquelles on peut s'attendre à de bons résultats. Ces traitements, déjà remboursés chez les diabétiques permettent d'avoir une action sur la trajectoire de ces patients.

     

    Quelle place pour la chirurgie bariatrique ?

    Jérémy CHARRIOT rappelle que les patients atteints de BPCO et obèses meurent principalement de maladies cardiovasculaires. D'autre part, il souligne qu'un grand nombre de praticiens essaient les biothérapies GLP1 chez les patients diabétiques et atteints de pathologies cardiovasculaires, mais que ces traitements ont des effets secondaires invalidants tels que des pancréatites ou des diarrhées importantes qui les poussent à interrompre le traitement, ce qui en fait perdre tout le bénéfice. La chirurgie bariatrique est une prise en charge plus ancienne et plus connue. La seconde étude, qui est une méta-analyse ayant inclus 4 essais randomisés, à effectifs faibles, n'a pas directement comparé les traitements par agonistes du GLP1 et la chirurgie bariatrique mais l'on sait que la diminution des événements cardiovasculaires, entrainant des hospitalisations ou le décès est plus importante après la chirurgie, qui a un effet plus rémanent, avec une perte de poids qui se maintient dans le temps dans un grand nombre de cas. Pour Jérémy CHARRIOT, il est nécessaire de ne pas balayer la chirurgie bariatrique et savoir adresser ces patients à des centres spécialisés, qui prendront en compte les comorbidités pour envisager les agonistes du GKLP1 ou la chirurgie bariatrique.

     

    En conclusion, les deux modalités de prise en charge fonctionnent mais chaque solution correspond à certains types de profils de patients, plus qu'à d'autres. Il est donc fondamental d'adresser ces patients à des spécialistes du métabolisme pour leur proposer une prise en charge thérapeutique optimale.

     

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