Livre
Chemsex, un nouvel enjeu de santé publique.
Avec ce premier livre publié en France au chemsex, le Dr Jean-Victor Blanc, responsable d'une consultation spécialisée, radiographie un phénomène où se révèle en creux les maux d'une société. Ultraperformance et lutte contre la moderne solitude sont les ressorts d'un nouvel enjeu de santé publique. Et si les médecins décidaient de s'y intéresser, voire de se former?
Pourquoi parle-t-on davantage de chemsex dans les réseaux sociaux et les rubriques faits divers des médias grands publics que dans les revues médicales? Il y a pourtant au-delà de l'attrait du scandale et des interdits, un enjeu sanitaire sur lequel on préfère jeter un voile pudique.
Résultat, les médecins à l'écoute de leur patient qui reçoivent en consultation peut-être l'un des 100 000 patients au minimum concernés par la phénomène sont pour le moins démunis. Comment le prendre en charge alors que l'on ignore tout ou presque du 3-MMC et autres GHB/GBL?
Avant de se perdre dans PubMed, une synthèse grand-public permet de mesure l'ampleur du phénomène. Son auteur, le Dr Jean-Victor Blanc, à l'origine d'une consultation dédiée au chemsex à l'hôpital Saint-Antoine (Paris), récuse l'idée d'avoir écrit un manuel pour les professionnels de santé. Il est vrai que son livre emprunte un grand nombre de références à la culture mainstream d'aujoud'hui. Et dans ce premier livre consacré dans l'Hexagone à cette thématique, le médecin n'y trouvera pas de fiche pratique, ni de cours de pharmacologie.
Pas de leçon donc professée en surplomb mais une écriture qui tisse différents savoirs nourris par un regard empathique. Dès les premières pages de son ouvrage, Jean-Victor Blanc n'hésite d'ailleurs pas à livrer quelques élèments biographiques. Ce ne sont pas des confessions, mais simplement des repères pour comprendre pourquoi le jeune interne en psychiatrie s'est impliqué dans ce nouveau champ de la médecine, loin des laboratoires de recheche mais où se révèlent en gros plan les vérités d'une société livrée au culte de la performance où le sexe sous apport chimique, principalemement gay, se révèle infiniment triste. Effet paradoxal oblige, les produits du type 3-MMC génèrent un effet négatif sur l'érection. D'où le recours contraint aux produits de type sildénafil et tadalafil.
Comment alors sortir de ce cercle infernal? En soulevant la chappe de plomb et briser le silence alors que de nombreux travaux scientifiques sont disponibles. Et si former et informer étudiants et médecins au chemsex se révélait au final une mesure indispensable de santé publique ?
Des amours chimiques, le fléau du chemsex, Dr Jean-Victor Blanc, Ed du Seuil, 192 p 18 euros.











