Diabétologie

Diabète de type 1 : dépistage pré-clinique

Un dépistage populationnel du diabète de type 1 chez plus de 220.000 enfants a permis d’identifier les formes présymptomatiques de la maladie et de détecter plus de 80 % des futurs cas cliniques.

  • Rolart Studio/iStock
  • 16 Juin 2026
  • A A

    L’arrivée de thérapies capables de retarder l’apparition du diabète de type 1 clinique rend indispensable l’identification des enfants au stade présymptomatique. Jusqu’à présent, le dépistage reposait principalement sur des populations génétiquement à risque ou ayant des antécédents familiaux. L’étude Fr1da, menée en Bavière, avait pour objectif d’évaluer la faisabilité et le rendement d’un dépistage en population générale fondé sur la recherche d’autoanticorps dirigés contre les cellules bêta pancréatiques. Les auteurs ont également étudié la progression vers le diabète clinique afin de mieux définir les populations susceptibles de bénéficier d’interventions préventives.

     

    Une stratégie capable d’anticiper la majorité des futurs diagnostics

    Entre 2015 et 2025, 220.476 enfants ont été inclus. Parmi eux, 590 présentaient un diabète de type 1 présymptomatique au premier dépistage, correspondant à une prévalence ajustée de 0,30 % (IC95 % 0,28-0,32). La prévalence était de 0,23 % pour le stade 1 et de 0,06 % pour le stade 2. Un second dépistage réalisé chez 11 726 enfants a permis d’identifier 29 cas supplémentaires. Au cours d’un suivi médian de 5,7 ans, 260 enfants ont développé un diabète de type 1 clinique, dont 212 avaient été identifiés dès le premier dépistage. Le dépistage atteignait ainsi une sensibilité de 81,5 % et une spécificité 99,8 %. Chez les enfants porteurs d’un diabète présymptomatique, le risque cumulé de progression vers un diabète clinique était de 36,2 % à cinq ans, soit un taux annuel de 9,6 %. Surtout, ce risque était similaire chez les enfants avec ou sans antécédent familial de premier degré.

     

    Dix années de dépistage systématique en soins primaires

    L’étude a nécessité 716 pédiatres de premier recours répartis dans toute la Bavière. Le dépistage reposait sur la mesure d’autoanticorps anti-GAD, anti-IA2 et anti-ZNT8 à partir d’un prélèvement capillaire, suivie d’une confirmation sur prélèvement veineux en cas de positivité. Les enfants identifiés étaient ensuite orientés vers des centres spécialisés pour une évaluation métabolique comprenant une HGPO et une mesure de l’HbA1c. Les auteurs ont distingué les stades 1 et 2 du diabète présymptomatique selon les recommandations de l’ADA, puis ont suivi les enfants pendant plusieurs années afin de documenter leur évolution vers le diabète clinique.

     

    Vers un dépistage généralisé du diabète de type 1 ?

    Cette étude apporte des arguments solides en faveur d’un dépistage du diabète de type 1 au-delà des seules populations à risque génétique ou familial. L’identification précoce de la maladie pourrait faciliter l’accès aux traitements modificateurs de l’évolution, réduire les présentations inaugurales sévères et améliorer la prise en charge des patients. Toutefois, les auteurs soulignent plusieurs limites : la participation au dépistage était volontaire, les données ethniques n’étaient pas disponibles, le taux de re-dépistage est resté faible et aucune analyse médico-économique n’a été réalisée.

     

    Si le sujet vous intéresse, vous trouverez d’autres informations dans notre série de podcast Dia’Logue, réalisée avec le soutien institutionnel de Sanofi.

     

     

    Pour pouvoir accéder à cette page, vous devez vous connecter.