Diabétologie
DT2 : le risque de neuropathie optique ischémique à surveiller avec les agonistes du GLP-1
Chez les patients atteints de diabète de type 2, l’initiation d’un agoniste du GLP-1 est associée à une augmentation du risque à court terme de neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique, bien que le risque absolu soit très faible.
- AaronAmat/iStock
Les agonistes du récepteur du GLP-1 occupent une place centrale dans la prise en charge du diabète de type 2 et de l’obésité grâce à leurs effets bénéfiques sur le contrôle glycémique, la perte de poids et la réduction du risque cardiovasculaire. Cependant, plusieurs signalements récents ont soulevé la question d’un possible lien avec la neuropathie optique ischémique antérieure non artéritique (NAION), une affection rare mais potentiellement responsable d’une perte visuelle irréversible. Les données disponibles restaient jusqu’à présent contradictoires et reposaient souvent sur des effectifs limités ou des méthodologies imparfaites.
Un risque multiplié par 2,5 la première année de traitement
Cette étude a inclus 523.227 adultes atteints de diabète de type 2, dont 106.858 initiant un agoniste du GLP-1 et 416.369 un inhibiteur de la DPP-4. Au cours de la première année, 14 cas de NAION sont survenus dans le groupe GLP-1 contre 53 dans le groupe comparateur, soit des incidences respectives de 18,5 et 7,2 pour 100.000 patients-années. Le risque relatif était multiplié par 2,56 (IC95 % 1,44–4,86), correspondant à un excès absolu de 11,3 cas pour 100 000 patients. Le risque était particulièrement marqué durant les 6 premiers mois (RR 3,25, IC95 % 1,20–7,72), puis diminuait progressivement à 2 ans (RR 1,49) et disparaissait à 3 ans (RR 0,97). Les estimations étaient plus élevées chez les hommes, les fumeurs, les sujets de moins de 50 ans et chez les patients présentant une baisse importante de l’HbA1c. Le signal semblait particulièrement important avec le sémaglutide, bien que le faible nombre d’événements impose une interprétation prudente.
Plus de 500.000 patients analysés
Les auteurs ont utilisé la base britannique CPRD, qui regroupe les données de soins de plus de 60 millions de personnes. Ils ont comparé deux groupes de patients débutant un nouveau traitement antidiabétique : un agoniste du GLP-1 ou un inhibiteur de la DPP-4. Afin de rendre les groupes comparables, des méthodes statistiques avancées ont été appliquées pour équilibrer l’âge, le sexe, l’ancienneté du diabète, les facteurs de risque cardiovasculaire, le tabagisme, l’obésité, les traitements concomitants et les comorbidités. Cette approche vise à reproduire au mieux les conditions d’un essai clinique randomisé dans des données de vie réelle.
Un signal rare mais à surveiller sans remettre en cause les bénéfices des GLP-1
Cette vaste étude de pratique courante suggère une augmentation du risque de NAION après l’initiation d’un agoniste du GLP-1, principalement durant la première année de traitement. Toutefois, le risque absolu demeure extrêmement faible (environ 1/10.000) et doit être mis en perspective avec les bénéfices cardiovasculaires et métaboliques de cette classe thérapeutique. Les principales limites résident dans le caractère observationnel de l’étude, le très faible nombre d’événements observés et l’absence de validation spécifique du diagnostic dans la base de données.








