Rhumatologie
Une nouvelle vertu des GLP-1 : moins d’opérations du genou ?
Les analogues du GLP-1, médicaments utilisés dans le traitement du diabète de type 2 et de l’obésité, pourraient aussi réduire le risque de prothèse du genou chez les patients atteints d’arthrose, selon une nouvelle étude.
- dragana991/iStock
En France, 30 % des personnes de 65 à 75 ans souffrent d'arthrose du genou, selon l’Assurance maladie. Cette maladie, aussi appelée gonarthrose, se caractérise par une usure et une destruction du cartilage articulaire du genou. Les patients qui en sont atteints souffrent de douleurs, parfois très sévères lors des phases aiguës.
Les analogues du GLP-1 réduisent le risque de prothèse du genou
Actuellement, il n’existe aucun traitement curatif de l’arthrose du genou. Des mesures hygiéno-diététiques, de la rééducation et la prise de médicaments peuvent ralentir l’évolution de la maladie. Si le traitement échoue, une opération chirurgicale peut être proposée au patient pour remplacer tout ou partie de son genou par une prothèse.
Mais selon une nouvelle étude, un médicament bien connu pourrait retarder cette perspective. Dans leurs travaux, publiés dans la revue Regional Anesthesia & Pain Medicine, des scientifiques ont découvert que la prise d’analogues du GLP-1, utilisés dans le traitement du diabète de type 2 et de l’obésité, pouvait réduire le risque de prothèse du genou chez les patients atteints d’arthrose.
Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont étudié les données de patients issues du réseau de recherche mondial TriNetX. Dedans, ils ont identifié les adultes diagnostiqués d’une arthrose du genou entre le 1er janvier 2010 et le 31 décembre 2024. Parmi eux, certains suivaient un traitement à base d’analogues du GLP-1 pour une autre maladie, d’autres non.
Ensuite, pendant plusieurs années, les chercheurs ont vérifié les patients qui avaient dû subir une opération pour une prothèse du genou. Très précisément, 1 an, 3 ans, 5 ans et 8 ans après le diagnostic.
Plus la prise d’analogues du GLP-1 est longue, plus le patient semble protégé
Résultats : qu’importe la durée de traitement, la prise d’analogues du GLP-1 réduisait le risque de devoir subir cette intervention chez les patients atteints d’arthrose. Mais l’effet protecteur était plus important lorsque la prise était prolongée, et avec les molécules de nouvelle génération.
Des résultats prometteurs donc, mais à interpréter avec prudence. Lors de leur étude, les auteurs reconnaissent ne pas avoir pris en compte plusieurs facteurs déterminants comme le niveau d’activité physique des patients, leur fragilité ou encore le degré de sévérité de l’arthrose. “En conséquence, ces résultats doivent être interprétés comme des associations observationnelles (...) et non comme une preuve de causalité”, écrivent-ils dans un communiqué.









