Neurologie

Lésions optiques infracliniques chez les patients RIS : détection multimodale et impact sur le diagnostic

La présence de lésions optiques infracliniques n’influence pas le risque de conversion en SEP cliniquement définie indiquant que ces dernières semblent être d’avantage le reflet d’un processus pathologique parallèle que précurseurs de poussées cliniques.

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  • 22 Juin 2026
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    La principale modification des nouveaux critères de SEP 2024 repose sur l’intégration du nerf optique (NO) comme 5° localisation permettant de remplir la dissémination spatiale (DIT). La détection de lésions silencieuses du NO par modalités multimodales (IRM, VEP, OCT) pourrait améliorer la sensibilité diagnostique, notamment dans le contexte du syndrome radiologiquement isolé (RIS). Cependant, leur valeur prédictive pour la conversion vers une SEP clinique reste incertaine. La détection précoce de ces lésions pourrait permettre une meilleure identification des patients à risque, mais il est essentiel d’évaluer si ces lésions silencieuses ont une signification pronostique ou si elles représentent simplement des anomalies non spécifiques ou liées à d’autres pathologies.

    L’équipe de Christine Lebrun-Frenay lien a ainsi cherché à déterminer la fréquence de lésions optiques infracliniques Potentiels Evoqués Visuels (PEV, tomographie par cohérence Optique (OCT) et en IRM chez les patients RIS pour déterminer leur valeur diagnostique et pronostique.

    Les données de 78 patients RIS reprises

    Les données de 178 patients RIS français selon les critères RISC 2023 ont été reprises, les performances des critères de SEP McDonald 2024 ont été comparées avec et sans la prise en compte des lésions du nerf optique (NO) par rapport à celles des critères 2017. Des lésions optiques asymptomatiques ont été détectées chez 107/179 (59,5%) des patients, essentiellement en PEV (100/164 ; 61%) et OCT (69/118 ; 58,5%), l’IRM ne le retrouvant que chez 31/166 patients (18,7%). 107/179 (59,8%) avaient une lésion optique infraclinique détectée par 1 seule des modalités (PEV, OCT ou IRM), 99/179 (60%) par 2 modalités et 58/95 (61,1%) par les 3 modalités. 71 personnes (39,7%) ont présenté un épisode clinique durant le suivi : 35 myélites (49,3%), 10 Névrites optiques (14,1%), 8 atteintes de sensitives (11,3%), 7 atteintes sous tentorielles (9,9%), 1 atteinte motrice (1,4° et évolutions progressives (14,1%). La présence de lésion optique infraclinique n’influençait pas le type d’évolution (RR ou PP) ni le risque de conversion à 5 et 10ans. Les critères McDonald 2024 incluant la détection de lésions optiques avaient une meilleure sensibilité (97,1% vs 92,7%) mais une moins bonne spécificité (25% vs 52,5%) que ceux de 2017. Sans prendre en compte la présence de comorbidités, la sensibilité des critères 2024 atteignait 100% mais la spécificité chutait de 45,2 à 26,4%. Enfin, 17/179 (9,5%) patients RIS avec une atteinte optique remplissaient les critères McDonald 2024 pour la SEP.

    Pas d'influence sur le risque de conversion

    Ainsi, la présence de lésions optiques infracliniques n’influençait pas le risque de conversion en SEP cliniquement définie indiquant que ces dernières semblaient être d’avantage le reflet d’un processus pathologique parallèle que précurseurs de poussées cliniques. Les auteurs insistent sur l’importance de rester attentif à la présence de comorbidités qui pouvaient induire en erreur en remplissant faussement le critère de DIS (la spécificité chutait alors à 26,4%). Le caractère rétrospectif de cette étude peut avoir eu une influence sur la qualité des évaluations ophtalmologique (non standardisées), OCT (sur différentes machines) ou IRM (différents protocoles pas systématiquement optimisés pour l’analyse orbitaire) mais a permis de démontrer la sensibilité des PEV pour la détection de lésions infracliniques.

    On retiendra que la majorité des patients RIS présentent une atteinte optique infraclinique et que 9,5% des patients RIS sont classés SEP McDonald2024 grâce à cette dernière.

    References :

    C.Lebrun-Frenay, C.Landes-Château, L.Mondot, et al., “Subclinical Optic Nerve Involvement in Radiologically Isolated Syndrome: Multimodal Detection and Diagnostic Impact,” Annals of Clinical and Translational Neurology (2026): 1–11, https://doi.org/10.1002/acn3.70441.

     

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