Pneumologie

Elargir le concept d’endotypage aux pneumopathies interstitielles diffuses

Endotyper les patients atteints de pneumopathies interstitielles diffuses pour prédire la réponse aux traitements immunosuppresseurs est désormais possible et permettra de  mieux personnaliser la prise en charge de ces patients, en évitant des effets qui peuvent être délétères. D’après un entretien avec Aurélien JUSTET.

  • 30 Avril 2026
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    Une étude, dont les résultats sont parus en février 2026, dans l’American Journal of Critical Care Medicine, a cherché  à identifier et valider des endotypes moléculaires dans les maladies pulmonaires interstitielles non liées à la fibrose pulmonaire idiopathique. Il s’agit d’une étude américaine au cours de laquelle les auteurs ont  analysé 20 protéines inflammatoires à l’aide de la technologie Olink, très sensible, dans deux cohortes de patients : une de découverte comportant 676 patients et une de validation incluant 585 patients. L’objectif principal est d’évaluer la survie sans transplantation à trois ans, pour identifier les patients progresseurs sous traitement immunosuppresseur et ceux qui vont rester stables. Les auteurs de ce travail ont utilisé un modèle de régression pour examiner si la réponse à certains traitements immunosuppresseurs varie selon les endotypes identifiés, en fonction de la distribution de ces 20 protéines.

     

    Vers l’endotypage des pneumopathies interstitielles diffuses

    Le docteur Aurélien JUSTET, praticien hospitalier dans le service de Pneumologie, du Centre Hospitalier Universitaire de Caen, rappelle que le concept d’endotypage est déjà bien connu dans l’asthme et que les phénotypes particuliers ont permis d’ouvrir la voie à des traitements spécifiques. Ce concept est apparu également pour la BPCO et la réflexion de l’endotypage des pneumopathies interstielles diffuses apparait comme un évidence. En effet, cette pathologie est souvent traitée par immunosuppresseurs avec une efficacité très variable. Certains patients sont améliorés, d’autres restent stables sans aggravation et d’autres encore n’ont aucune réponse. Il apparait donc intéressant d’identifier des marqueurs sanguins prédictifs de la réponse au traitement afin de l’adapter au mieux.

     

    Des marqueurs de bon pronostic validés

    Aurélien JUSTET souligne que , dans ce travail , les deux cohortes sont parfaitement symétriques (ajustées en âge, sexe, fonction respiratoire initiale…). Un groupe de protéines sanguines est associée à un bon pronostic, avec une bonne réponse aux immunosuppresseurs. Il s’agit principalement de protéines en lien avec l’inflammation comme la protéine MRC1 (marqueur macrophagique) ou encore le récepteur à l’IL1 . D’autres marqueurs sont associés à un mauvais pronostic. Aurélien JUSTET relève surtout que ces marqueurs ont été validés dans la deuxième cohorte de validation, dans laquelle les risques dévolution étaient très similaires à ceux de la cohorte de découverte, et que la robustesse de ces résultats est d’autant plus importante pour les marqueurs de bon pronostic. De plus, ces marqueurs ont été  validés indépendamment de la pathologie sous-jacente (connectivite, pneumopathie d’hypersensibilité…)ce qui rend ces résultats encore plus intéressants.

     

    En conclusion, tout traitement immunosuppresseur peut être délétère et identifier des marqueurs de bon pronostic peut encourager à les instaurer alors que l’identification de marqueurs de mauvais pronostic les rendraient discutables. L’endotypage des pneumopathies interstitielles diffuses, en s’inspirant de ce qui fait pour d’autres pathologies respiratoires chroniques, ouvre de portes à la personnalisation de la prise en charge.

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