Syndrome post-Lyme : la preuve d'une inflammation du cerveau apportée

Le syndrome post-traitement de la maladie de Lyme (SPTML) a été lié à une inflammation chronique du cerveau chez 12 malades. C'est la première fois qu'une preuve est apportée en ce sens

  • Par Mathilde Debry
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Plus d'une personne sur dix traitée avec succès aux antibiotiques pour la maladie de Lyme développe des symptômes chroniques par la suite, parfois débilitants et mal compris. On parle ici de fatigue, de douleur ou de problèmes de mémoire et de concentration, qui peuvent durer des années après que l'infection initiale se soit résorbée, et sont définis comme le "syndrome post-traitement de la maladie de Lyme (SPTML)".


Une inflammation répandue dans tout le cerveau

Grâce à un nouveau type de scanner cérébral, des chercheurs viennent de démontrer que 12 personnes atteintes du syndrome post-traitement de la maladie de Lyme présentent toutes une inflammation chronique du cerveau. Les malades ont été comparés à 19 témoins sains.

"La littérature scientifique avait déjà supposé que les patients atteints de SPTML souffraient quelque part d'une inflammation chronique, mais jusqu'à présent, nous n'étions pas en mesure de sonder le cerveau pour le vérifier", se félicite Jennifer Coughlin, professeure agrégée de psychiatrie et de sciences du comportement (Johns Hopkins University School of Medicine), par ailleurs auteure de l’étude. "Nous pensions que certaines régions du cerveau seraient plus vulnérables à l'inflammation et seraient touchées de façon sélective, mais il semble qu'il s'agisse d'une inflammation répandue dans tout le cerveau", ajoute-t-elle. 


Morsure de tique

Ces résultats suggèrent que les médicaments conçus pour freiner la neuroinflammation pourraient être en mesure de soigner le SPTML, bien que des essais cliniques soient d'abord nécessaires pour déterminer l'innocuité et les avantages d'un tel traitement.

La maladie de Lyme est une maladie infectieuse, secondaire à la transmission d'une bactérie lors d'une morsure de tique. Les autorités françaises reconnaissent chaque année autour de 30 000 nouveaux cas. La prévalence moyenne est estimée à 43 cas pour 100 000 habitants depuis 2009. A titre comparatif, elle était de 16,5 cas pour 100 000 personnes entre 1999 et 2000 et de 9,4 cas pour 100 000 individus de 1988 à 1989, selon Santé Publique France. En 2016, le taux d’incidence annuel estimé a également augmenté par rapport à 2015, passant de 51 cas/100 000 à 84 cas/100 000.


30 jours après la piqûre

La maladie de Lyme peut apparaître dans les 30 jours après la piqûre, d’abord sous forme d’une plaque rouge et ronde qui s’étend en cercle (érythème migrant) à partir de la zone de piqûre. La lésion de la peau peut s'accompagner de douleurs musculaires et articulaires, ou encore de fièvre. Avec un traitement précoce, elle disparaît en quelques semaines à quelques mois. Les symptômes sont multiples : douleurs articulaires, tremblements, troubles neurologiques, perte de mémoire ou encore état dépressif. 

 

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JDF

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