Cuba : le « syndrome de la Havane » aurait été causé par le stress et la peur

Entre 2016 et 2018, plusieurs diplomates américains travaillant à la Havane, à Cuba, ont souffert de pertes auditives et de symptômes neurologiques. Selon deux chercheurs, qui publient une étude dans le Journal of the Royal Society of Medicine, ce "syndrome de la Havane" a en réalité été causé par la peur et le stress.

  • Par Johanna Hébert
  • 03 Nov 2019
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    Stop aux rumeurs d’attaque secrète aux ultrasons. Alors qu’entre 2016 et 2018 des diplomates américains travaillant à Cuba ont souffert de troubles auditifs et neurologiques, les raisons de ce "syndrome de la Havane" étaient encore méconnues. Un sociologue et expert en maladies neurodégénératives estiment en avoir découvert les causes: la peur et le stress. Leur étude est publiée dans le Journal of the Royal Society of Medicine.

    Des symptômes similaires à un traumatisme de guerre

    Les symptômes de ces diplomates s’apparentent à ceux d’une commotion cérébrale: maux de tête, vertiges, nausées et fatigue. Le département d’État les a décrits comme des "symptômes médicalement confirmés", mais les différentes études menées depuis ont été peu concluantes, voire contradictoires. De plus, des diplomates canadiens ont, sur la même période, connu les même problèmes de santé. Pour le Dr Robert Bartholomew, sociologue basé à Auckland, en Nouvelle-Zélande, et auteur principal de l’étude, le "syndrome de la Havane" s’apparente en réalité à un traumatisme de guerre, à un choc d’obus. "Un des traits caractéristiques des syndromes de combat apparus au siècle dernier est l’apparition d’un ensemble de troubles neurologiques causés par un système nerveux surexcité, généralement mal diagnostiqués, comme des commotions ou des lésions cérébrales".

    Une trop forte dose de stress

    Dans son rapport, rédigé en collaboration avec l’expert en neurologie Robert W. Baloh, il indique que les diplomates sont tombés malades car ils vivaient dans un environnement bouillonnant de stress et d’incertitudes. Ces hommes travaillaient dans un pays hostile au leur, où ils étaient sous une surveillance constante et vivaient, en quelque sorte, la suite de la Guerre froide. De plus, les rumeurs sur une possible attaque de l’ambassade américaine à Cuba étaient nombreuses. Mais "pas concluantes", selon les deux auteurs de l’étude. "Quel est le plus probable : que les diplomates ont été la cible d’une nouvelle arme secrète pour laquelle il n’existe aucune preuve ? ou qu’il ont souffert de symptômes générés par le stress ? Les preuves laissent largement penser à ce dernier", tranchent-ils.

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    JDF