BPCO : la dénervation pulmonaire, une technique sûre et prometteuse

La dénervation pulmonaire chez les sujets BPCO exacerbateurs fréquents est pratiquée avec de plus en plus de sécurité et l’avancée des recherches sur l’efficacité de cette technique est très encourageante. D’après un entretien avec Christophe Pison.

  • Par le Dr Anne-Christine DELLAVALLE
  • 07 Nov 2019
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    Les résultats de l’étude AIRFLOW-2 ont été publiés en août 2019, dans l’American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine. Il s’agit de la quatrième étude sur la technique de dénervation pulmonaire dans la prise en charge des sujets BPCO, faisant suite aux essais IPS1, IPS2 et AIRFLOW-1. Il s’agit d’une étude prospective, multicentrique et en double aveugle. Au total, 192 patients ont été inclus et séparés en 2 groupes, l’un traité l’autre en placebo. Les résultats ont été évalués à 6 mois et à 12 mois.

     

    Une technique au point

     

    Le professeur Christophe Pison, chef de service de pneumologie du CHU de Grenoble, qui a participé à cet essai explique le procédé de dénervation pulmonaire, initialement élaboré à Minneapolis : la destruction ciblée des plexus péri-bronchiques parasympathiques est obtenue par radiofréquence, à l’aide d’un ballonnet contenant de l’eau glacée, le principe reposant sur le fait que l’activation parasympathique provoque la toux et la bronchoconstriction à l’état normal et de façon excessive chez le sujet BPCO. Dans l’historique de cette technique, des bronchoscopes rigides puis souples ont été utilisés. Les effets secondaires initialement observés étaient une dysphagie et des troubles de la motilité oesophagienne lorsque les ondes étaient appliquées trop près de l’œsophage. En appliquant les ondes plus près des bifurcations des bronches souches, l’œsophage est plus distant et ces effets secondaires n’apparaissent pas.

     

    De grands projets pour ce modèle thérapeutique prometteur

     

    Les résultats de cette étude ont montré 71% d’évènements respiratoires entre 3 et 6 mois pour le groupe placebo versus 32% pour le groupe ayant bénéficié de radiofréquence.  Le nombre d’exacerbations a diminué de 2/3 après 1 an. Le groupe témoin a pu bénéficier de dénervation dans un second temps et il s’est avéré que ces sujets ont également eu moins d’exacerbations. Christophe Pison précise que la DGOS accordé un forfait innovation pour la première fois en pneumologie pour le développement de cette technique. L’essai multicentrique AIRFLOW3 a débuté dans 25 centres aux USA et 15 centres en Europe dont 9 en France (Reims, Toulouse, Strasbourg, Nice, Grenoble, Nantes, Brest, Montpellier et Bichat à Paris). Déjà 3 patients ont été inclus en France. L’objectif de cette étude est de démontrer que, chez les exacerbateurs fréquents, la dénervation associée à un traitement optimal de la BPCO diminuerait significativement les exacerbations sévères, qui conduisent à l’hôpital.

     

    En conclusion, la technique de dénervation pulmonaire est de plus en plus sûre et semble donner des résultats très encourageants chez les sujets BPCO exacerbateurs fréquents. La poursuite du projet avec l’essai AIRFLOW3 qui vient de démarrer devrait conforter ces beaux résultats.

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    JDF