Contestation sociale

Grève à l’hôpital public : quelles conséquences pour les patients ?

Après des mois de grève dans les services des urgences, c’est l’ensemble du personnel hospitalier qui est appelé à manifester ce jeudi 14 novembre pour réclamer plus de moyens.

  • Par Johanna Hébert
  • 14 Nov 2019
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    Cela devrait être un jeudi noir dans les hôpitaux publics. Une quinzaine d’organisations syndicales appellent l’ensemble du personnel à faire grève et à manifester contre leurs conditions de travail. Médecins, aide-soignantes, doyens et même étudiants devraient rejoindre les cortèges des manifestations, organisées à Paris et dans d’autres villes de France. Le but est de faire réagir le gouvernement, qui planche actuellement sur "un plan de soutien" à l’hôpital. Une promesse faite par la ministre de la santé, Agnès Buzyn, fin octobre et après des mois de grève dans les services des urgences français.

    80% de grévistes attendus en Ile-de-France

    Pression budgétaire, établissements délabrés, manque de personnel et violence croissante à l’égard du personnel de santé… Tous les ingrédients sont réunis pour un mouvement social d’ampleur inédite. En prévention, les établissements publics ont déprogrammé la majeure partie des interventions chirurgicales non urgentes. Du personnel a toutefois été réquisitionné afin d’assurer la continuité des services. De son côté, l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) prévoit environ 80% des personnels paramédicaux (infirmières, aides-soignantes) en grève dans les 37 hôpitaux d’Île de France.

    Au moins 268 services des urgences touchés

    Concernant les services des urgences, ils sont déjà nombreux à être en grève depuis le mois de mars. Le collectif Inter-Urgences en recensait 268 sur 650 lundi. Si vous avez besoin de vous y rendre, sachez que dans les services des urgences touchés par la grève, il y a toujours du personnel réquisitionné également. Les médecins chefs de service rejoignent aussi le mouvement. Ces derniers entament une “grève du codage”, qui permet aux établissements de facturer les actes médicaux à l’Assurance maladie. À Marseille et à l’AP-HP par exemple, 380 services sont touchés par cet acte de contestation. Par deux fois, Agnès Buzyn a tenté de sortir de la crise, avec une prime mensuelle de 100 euros versée depuis le mois de juillet, et l’annonce d’un plan de “refondation” en septembre, en vain.

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    JDF